Il est risqué de s’aventurer de nos jours dans une histoire d’amour, de tenter de rivaliser avec les figures mythiques que sont Roméo et Juliette, Tristan et Isolde, Donalda et Alexis. Nous sommes plutôt à l’ère des passions fugitives, des élans qui durent moins que le temps des lilas.Nombre total de pages vues
jeudi 28 février 2008
Pierre Gariépy est un véritable magicien
Il est risqué de s’aventurer de nos jours dans une histoire d’amour, de tenter de rivaliser avec les figures mythiques que sont Roméo et Juliette, Tristan et Isolde, Donalda et Alexis. Nous sommes plutôt à l’ère des passions fugitives, des élans qui durent moins que le temps des lilas.mardi 19 février 2008
Peut-on abolir le temps et redessiner sa vie?
jeudi 7 février 2008
Peut-on guérir la blessure de l’enfance?
Il n’est pas rare maintenant de voir des garçons et des filles défier les lois de la gravité sur une planche, des patins ou en s’élançant sur une bicyclette. Dans un coin discret d’un parc, casqués et bardés comme des gladiateurs, ils célèbrent l’audace en se moquant de l’attraction terrestre. «Les Rouleurs», un roman de Madeleine Monette, explore cet univers qui possède ses codes, ses rites et ses modes vestimentaires.jeudi 31 janvier 2008
La Chine demeure une planète étrange
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jeudi 24 janvier 2008
Michel Marc Bouchard chez les universitaires
jeudi 17 janvier 2008
ARCAND ET LA DICTATURE DE L'IMAGE
DEPUIS LA VENUE de la télévision, plus que jamais, nul n’est épargné pas la tyrannie de l’image. En politique, l’arrivée d’un jeune souriant et décontracté ébranle toutes les idées. Tous se précipitent! Les programmes politiques deviennent embarrassants, les convictions et les concepts surannés. Ceux qui questionnent le courant sont étiquetés «purs et durs». Il y a eu André Boisclair, il y a Barak Obama. Qui sera le prochain? Cette dictature touche particulièrement les femmes qui oeuvrent dans les médias. Elles doivent demeurer séduisantes, aguichantes, adolescentes et se moquer du vieillissement. Le mythe de l’éternelle jeunesse s’est réfugié dans les studios de la télévision et du cinéma. Dieu manipule une trousse de maquillage et des éclairages savants. Que dire des comédiennes et des chanteuses interchangeables? La grande tragédie de ce siècle se trouve peut-être dans cette vénération de la représentation qui avale tout, qui masque les pires inepties.
Nelly Arcan est arrivée de nulle part dans le monde de la littérature. «Putain» et «Folle», ses deux premiers romans, ont fait saliver. Jolie, un tantinet «sophistiquée», elle a su jouer avec son image et soulever les fantasmes. Que dire de cette photo dans «L’actualité» lors de la parution de «À ciel ouvert». L’écrivaine apparaissait en petite tenue, dans un lit… Un cliché assez surréaliste si on se réfère à son ouvrage qui questionne cette manière de faire. Mais Nelly Arcand n’en est pas à une première contradiction.
IMAGE
Rose Dubois. On pense à Blanche Dubois, le personnage de Tennessee William qui attire les hommes comme les papillons dans «Un tramway nommé désir». Il y a une certaine parenté en ce qui concerne la sexualité et la séduction.
La Rose Dubois d’Arcan est née à Chicoutimi où il y a «sept femmes pour un homme». Une fable qui a la peau coriace. Rose travaille comme styliste de mode, dans un milieu où l’on vit et périt par l’image. Elle doit rester jeune coûte que coûte, faire fantasmer le plus longtemps possible en recourant à la chirurgie. Le corps, maintenant, la médecine peut le modeler selon les humeurs de la saison.
Mais jusqu’où aller dans cette métamorphose du corps, cet enfermement des femmes dans un moule où la «signature du chirurgien» est perceptible? Femme reconstruite, remodelée jusque dans leur sexe.
«L’acharnement esthétique, soutenait Julie, recouvrait le corps d’un voile de contraintes tissé par des dépenses extraordinaires d’argent et de temps, d’espoirs et de désillusions toujours surmontées par de nouveaux produits, de nouvelles techniques, retouches, interventions, qui se déposaient sur le corps en couches superposées, jusqu’à l’occulter. C’était un voile à la fois transparent et mensonger qui niait une vérité physique qu’il prétendait pourtant exposer à tout vent, qui mettait à la place de la vraie peau une peau sans failles, étanche, inaltérable, une cage.» (p.99)
Illustration dramatique de certaines femmes qui cherchent à capter l’attention du mâle par tous les moyens. Une guerre qui ne peut que mal finir.
«Elle voyait dans Julie l’être idéal qu’elle n’était pas et qu’il lui aurait fallu être, face à Charles bien sûr mais aussi face aux autres hommes qui tendaient tous selon elle vers la Femelle Fondamentale, vers une sorte de modèle inscrit depuis le début des Temps dans leur sexe et vers lequel ils marchaient, patron à même ADN qu’ils suivaient de leurs érections, comme un seul homme.» (p.117)
ÉCRITURE
Si le questionnement de Nelly Arcan est fort pertinent, l’écriture gâche un peu la sauce.
«Charles regardait Julie toujours à son goût parce qu’il ne savait pas, à cause des poids échangés et de conseils donnés, à cause de l’échange officiel des prénoms, s’il devait la saluer. Julie regardait les grands pots de glaces et Charles regardait Julie, parce qu’elle était toujours à son goût, oui, mais surtout pour expédier le salut, pour remplir la tâche d’être poli.» (p.34)
Magnifique charabia! J’ai recommencé deux fois « À ciel ouvert » tellement ce salmigondis me hérissait. Les chapitres qui s’amorcent tous par une même description du ciel de Montréal et des nuages finissent par faire hausser les épaules.
ARCAND NELLY : « À ciel ouvert » Éditions du Seuil, Paris, 2019, 251 pages, 15,95 $.




