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lundi 29 décembre 2025

COMBIEN DE « MOI » SE DISSIMULE EN NOUS

ÉTRANGE ROMAN que «Inlandsis» de Marie-Pier Poulin. Je croyais me glisser dans une histoire de changements climatiques, mais ce n’est pas tout à fait ça. Du moins, c’est ce que les premières pages laissaient entendre. J’étais prêt à prendre cette direction, mais l’auteure en a décidé autrement. Elyssa et Frank se sont croisés à l’université. Lui, chargé de cours, et elle, étudiante modèle promise au plus brillant avenir. Tous les deux ont beau éprouver une passion viscérale pour les sciences, leurs corps ont des exigences qui demandent satisfaction. L’amour. Lui et elle sont certains d’avoir rencontré l’être d’exception, celui avec qui ils vont parcourir les chemins des découvertes et de grandes réalisations. Pourtant, la vie impose des choses imprévues, surtout avec Elyssa, qui voit sa profession mise en veilleuse quand elle accouche de son premier bébé, une belle petite fille. Et la voilà hors de son rêve et de la vie qu’elle avait imaginée pour s’occuper de sa maison et de ses rejetons. 

 

Une histoire banale qui se répète partout dans le monde, même de nos jours. Une étudiante douée, promise aux plus grands succès intellectuels, met sa carrière entre parenthèses à l’arrivée des enfants. Ce qui devait être une pause s’avère une autre vie. Elyssa n’arrive plus à retrouver la route qu’elle croyait suivre quand elle était à l’université. La maternité aspire les femmes, la plupart du temps, en font les domestiques du foyer avec les petites et lourdes tâches du quotidien. 

Frank fait carrière comme enseignant et chercheur. Il participe à des colloques et écrit dans des revues scientifiques. Il devient quelqu’un de respecté et de reconnu dans sa spécialité : la géologie. Si tout semble aller comme dans le meilleur des mondes au début, la situation change peu à peu pour Elyssa, qui a l’impression d’être à côté de celle qu’elle voulait être.

 

«Debby naquit au printemps suivant. Au même moment, Frank décrochait un poste à l’université de l’État. Il enseignerait dans un domaine qui le passionnait tout en effectuant des recherches sur le terrain qui le mènerait à sillonner le continent. Il jubilait. Elyssa était heureuse pour lui. Le premier, il atteignait le but qu’ils s’étaient fixé. Un jour assurément son tour viendrait, mais pour l’instant, l’envie d’un retour aux études tardait à se manifester. Cette enfant magnifique l’enveloppait d’une volupté toute nouvelle. Les études et la carrière pouvaient attendre encore un peu. Puis Théo arriva cinq ans plus tard, un an après la mort de la mère d’Elyssa. À partir de là, c’était clair. La science, qui avait toujours été sa priorité, ne l’était plus. Elle préférait rester auprès des siens, leur donner temps et amour.» (p.30)

 

Un sort qui guette les femmes même maintenant. Rares sont celles qui parviennent à concilier à la fois une carrière professionnelle exigeante et la vie de mère de famille. Le peu de volontaires en politique illustre bien cette situation. Qu’on le veuille ou non, la maternité et les enfants touchent davantage les femmes que les hommes. 

La grossesse transforme le corps et met les mères en retrait du monde du travail, les aspire et ne leur laisse guère de temps et d’espace pour faire autre chose que d’être génitrice. Cette différence biologique est importante, même si maintenant, au Québec, elles font carrière en grand nombre. Quatre-vingt-sept pour cent des femmes occupent un emploi au Québec. Les garderies et les congés de maternité et de paternité peuvent certainement expliquer la situation. 

Frank n’a rien imposé à Elyssa, mais la société l’a fait avec ses rituels et ses traditions. La fatalité génétique a aspiré la jeune étudiante et l’a coupée de sa passion pour les sciences. Il faut dire que le couple vit aux États-Unis où la vie est bien différente de celle du Québec.

 

BONHEUR

 

Les soins aux enfants, l’entretien de la maison passionnent Elyssa au début. Elle s’occupe de son foyer avec une rigueur scientifique, s’étiole peu à peu dans les tâches quotidiennes pendant que les petits entreprennent le difficile tournant de devenir adulte. Debby est une jeune élève modèle, autant dans le sport que dans les études. Théo, plus fragile et moins doué intellectuellement, est d’une rare sensibilité. Il capte les émotions de ses proches sans avoir besoin des mots. 

Tout bascule quand Elyssa et Frank réalisent que Debby ne suit plus ses cours et que ses résultats scolaires sont en chute libre. Elle abandonne l’école pour se coller à Jess, une fille qui n’a de comptes à rendre à personne. C’est la dérive, l’alcool, les drogues, la fête perpétuelle. Elle résiste à ses parents avec un entêtement digne d’un chercheur scientifique.

 

«Au loin, Debby pouvait apercevoir son quartier. En attrapant la bouteille que lui tendait Shawn, elle se jura de ne jamais ressembler à ceux qui y habitaient. Elle était faite pour autre chose. Pour une vie ample, pleine d’expériences… Elle se promettait d’être à l’antipode de sa mère, prise dans cette existence minuscule, à errer entre les tâches ménagères et son travail médiocre de “classeuse de livres”. Enivrée d’alcool et de liberté, Debby se voyait maître de sa destinée. Elle aurait la vie qu’elle désirait. Fêter à toute heure du jour et de la nuit. Multiplier les rencontres!» (p.53)

 

Elyssa, pendant ce temps, lit les articles d’une femme, une géologue, une chercheuse, experte du Grand Nord et des glaciers. Élise R. Dupuis porte le même nom qu’elle et, surtout, elle lui ressemble physiquement. Un sosie. Son double? Est-il possible que cette femme réalise ce dont elle rêvait quand elle était étudiante? Elle qui était destinée à une brillante carrière le vivrait donc en quelque sorte dans un avatar… 

 

DRAME

 

Que fait-elle en mère de famille qui doit confronter une adolescente rebelle qui la déteste et la méprise? Elyssa est obsédée par ce double, sa jumelle, sa semblable. Elle lit ses travaux et ses réflexions, s’informe sur ses déplacements pour se mouler à elle et à sa vie. Bien plus, elle finit par vouloir la croiser, se retrouver pour ainsi dire devant son reflet dans le miroir. 

Pendant que Frank tente de colmater les fuites et à récupérer sa fille, Elyssa disparaît et part vers celle qu’elle aurait été si les enfants n’étaient pas venus, si la vie ordinaire ne lui avait pas sapé toutes ses énergies et coupé les ailes. Et qui sait? Peut-être qu’elle s’est dédoublée et que cette scientifique, c’est elle dans une vie libre et sans liens. 

 

«Puis ont surgi les questions plus délicates. Pourquoi? Pourquoi cette obsession pour cette femme? Une fois qu’elle se tiendrait face à elle, que se passerait-il? Elle n’en avait aucune idée. Elle traquait l’ombre d’une ombre. Et si elle ne la capturait jamais? Aurait-elle tout quitté pour rien? Bien sûr que non… C’était l’instinct qui l’avait menée jusqu’ici. Une intuition étrange…» (p.173)

 

Peut-être que nous avons la chance d’être plusieurs personnes dans une même vie et que le hasard et les circonstances font prendre une direction plutôt qu’une autre. Est-il possible de devenir tous les êtres qu’il y a en nous? Que serais-je si j’avais eu l’audace de fréquenter le conservatoire d’art dramatique pour être comédien? Que serais-je si j’avais suivi mes frères qui écumaient les forêts du Nord? À quoi je ressemblerais si j’avais continué à étudier en littérature pour faire un doctorat et travailler comme chercheur universitaire? Il m’arrive de jongler avec tout ça sans trouver de réponses. 

«Inlandsis» de Marie-Pier Poulin m’a touché. Tellement, qu’après cette lecture, j’hésitais devant mon reflet, n’étant plus certain d’être celui que je pense être. Et si quelqu’un d’autre, quelque part, incarnait l’un de mes rêves? L’auteure bouscule et nous tient en haleine avec Elyssa, qui part à la recherche de celle qu’elle est vraiment et qu’elle a trahie d’une certaine façon. Un roman étrange et captivant! J’ai eu l’impression que le sol se dérobait sous Elyssa et qu’elle pouvait glisser dans une faille du temps en m’entraînant. 

 

POULIN MARIE-PIER : «Inlandsis», Éditions Sémaphore, Montréal, 2025, 192 pages, 27,95 $.

https://www.editionssemaphore.qc.ca/catalogue/inlandsis/

mardi 26 novembre 2019

LES RÉVOLTÉS DU GRAND NORD

LE NORD DEMEURE PEUT-ÊTRE L’UN des rares territoires du Québec qui continue de fasciner ceux et celles qui souhaitent connaître l’envers de notre monde aseptisé. Les lecteurs sont familiers avec les écrits de Jean Désy, de Naomi Fontaine, Juliana Léveillé-Trudel, Joséphine Bacon et An Antane Kapesh qui viennent enrichir le récit du Nunavit. Rares sont ceux qui y ont vu le jour cependant ou qui y ont fait leurs premiers pas. C’est certainement pourquoi Élisapie Isaac, née à Salluit, touche comme chanteuse et fascine. Une rêverie qui remonte aux romans d’Yves Thériault qui a été l’un des premiers à nous convier à l’aventure, à idéaliser ces manières de vivre et de composer avec une nature souvent hostile. Un monde que les écrivains apprivoisent lentement. Un regard qui nous fait comprendre que l'aventure est encore possible.

Marie-Pier Poulin a grandi chez les Inuit. Après, dans les villages qui ont poussé près des barrages. Elle connaît les gens du Nord, a ressenti leurs élans, leurs peines et leur colère. C’est pourquoi j’ai lu Débâcles avec respect et beaucoup d’attention. L’écrivaine présente des lieux peu fréquentés, permet de voir avec d’autres yeux ces populations, leur vécu et leurs aspirations.
Les missionnaires, très tôt, ont trouvé dans le Nord québécois, un terrain propice à l’évangélisation. Bien plus, cet espace leur offrait l’aventure et une occasion d’éprouver leurs croyances et leur foi. La fréquentation des autochtones aura souvent eu des effets imprévus, contraires à leurs aspirations premières.
Beaucoup ont changé en vivant avec ces nomades qui se déplaçaient avec les migrations des grands troupeaux de caribous. Ils ont dû mettre de côté leurs prétentions et faire confiance à ceux qu’ils venaient évangéliser. Ils ont rapidement réalisé que, dans ce pays impitoyable, c’étaient les Inuit qui détenaient la vérité. « Nous les Dénés, nous étions trop spirituels pour être religieux », expliquait un vieillard de Bechoko, chasseur et chaman lors de son témoignage devant une commission d’enquête sur les autochtones.
Ils se sont moulés à leurs habitudes, subjugués souvent par des hommes qui étaient des chefs, des femmes parfaitement adaptées à une nature qui ne fait jamais de faveurs. Malheureusement, certains témoignages récents démasquent certains religieux, révèlent le côté agresseur et prédateur de « ces porteurs de vérités ». C’est aussi ça la réalité, l’exploitation dans ce qu’elle a de plus odieux. Les Blancs, depuis des décennies, imposent leur façon de vivre dans ces territoires, bouleversent un ordre qui perd sa raison d’être.

MISSION
 
Le père Arthur Benoît arrive dans une communauté inuite où un commis de la Baie d’Hudson fait la loi, établit des prix pour les fourrures qui laissent les chasseurs dans l’indigence. Personne n’ose lui tenir tête. Tous finissent par céder le fruit de leurs trappages, n’ayant aucun pouvoir de négocier. Le missionnaire est témoin de cette exploitation éhontée, sans jamais pouvoir s’interposer.

Le grand chasseur de la toundra avait traversé une multitude de kilomètres pour son dû. Il était fier. Tristement, impuissant devant l’homme blanc, il finissait immanquablement par plier. L’Inuk fixait alors l’Anglais d’un air mauvais, comme pour enregistrer dans sa mémoire le visage de l’ennemi, et s’en retournait, claquant la porte derrière lui. Wilson reprenait sa routine, mais ses mouvements nerveux trahissaient son effroi. Il ne devrait jamais se perdre dans cet arrière-pays, car ces êtres humiliés, telle une meute de loups blessés, l’attendraient au détour. (p.24)

Le jésuite observe comme un anthropologue, garde une certaine distance, tombe vite sous les charmes de ces courageux qui se plient aux caprices de la nature, des saisons, des animaux toujours en mouvement. Le père Benoît est fasciné par un homme en particulier, l’un des guides de son clan qui a réponse à tous les problèmes qui surgissent. Chaque jour, nourrir ses proches et les membres de sa communauté, est un défi. Arnasuk devient son ami, son mentor. Parti pour imposer ses croyances, le religieux est vite convaincu par ces gens qui affrontent des dangers et des épreuves terribles. Surtout, il aime leur regard sur la vie, la mort qui effarouche tant les chrétiens.

DRAME

Arnasuk et sa femme périssent lors de la montée des eaux au printemps, quand la glace cède brusquement et libère les rivières. La tragédie laisse Piari, leur jeune fils qui a été témoin de la mort de ses parents, traumatisé, incapable de reprendre contact avec les siens. Le père Benoît prend cet enfant sous son aile pour l’aider, lui faire oublier le drame qui a cassé sa vie.
Il réussit à le sortir de sa torpeur grâce aux livres. Le jeune garçon démontre un appétit d’apprendre qui fascine le jésuite. Après un certain temps, il décide de retourner avec lui à Montréal pour des études et des soins particuliers.

Après d’interminables discussions, Arthur leur fit entendre que Piari n’était pas Arnasuk, qu’il était fragile, sensible, et que l’état dépressif dans lequel il était depuis près de trois mois permettait d’envisager le pire pour sa santé. Il avait besoin de soins qu’on ne trouvait pas ici. Ce sont les aînés de la communauté qui finirent par accepter l’évidence. Ils pouvaient faire confiance au missionnaire et savaient qu’ils laisseraient Piari entre bonnes mains. (p.44)

L’adaptation en ville ne sera pas facile pour le jeune garçon qui sent rapidement sa différence, le racisme de ses collègues. Il vivra une solitude terrible, lui qui a été habitué à la communauté, au groupe où tout appartient à tous sans distinction. Il se heurte à un monde individualiste où chacun tente d’en profiter le plus possible. Il se réfugie dans les livres, devient un premier de classe, choisira la médecine au contact d’un juif qui a connu l’ostracisme et le racisme. Ces rencontres avec ce psychologue humaniste transforment sa vie.

MUTATION

Piari s’impose par son savoir et ses connaissances. Le voilà en voie de devenir un Blanc, de s’intégrer à la société d’Anna son amoureuse. Toujours sous le regard bienveillant du jésuite qui s’occupe de lui comme un père peut le faire d’un fils.
L’idée de renouer avec ses racines et son peuple fait son chemin. Piari décide de retourner dans sa communauté, de remplacer le médecin qui n’en peut plus après des années d’efforts. Comment ne pas penser aux récits de Jean Désy qui se fait un plaisir de partager ses expériences auprès des autochtones dans ses écrits. Anna pourra le rejoindre un peu plus tard, quand un poste d’enseignante deviendra libre.
Piari a oublié les manières de faire de son peuple. Même sa langue. Il doit réapprendre l’inuktitut de ses parents. Peu à peu, le médecin comprend les préoccupations de la communauté, le rôle des hommes et des femmes, la patience des sages, les agissements des Blancs qui sont là pour les ressources naturelles, de ces étrangers qui imposent leur vision des choses, ravagent de grands espaces, rendent des façons millénaires de faire obsolètes. Bien plus, ces intervenants de passage se réfugient dans leurs quartiers et ne se mêlent pas souvent aux Inuit. C’est presque l’apartheid.

AFFRONTEMENT

Les chefs tentent de faire front commun avec les Cris, leurs voisins, de faire connaître leurs revendications au gouvernement du Québec face aux grands projets hydro-électriques. Peine perdue ! Ils ne sont jamais entendus ou écoutés. Les travaux sont annoncés. Les barrages vont noyer une partie de leurs territoires, bouleverser le pays. Voilà le résultat d’une invasion qui s’est faite lentement au cours des années.

Après ton départ, le père Benoît a été remplacé... Puis les Blancs sont arrivés, toujours plus nombreux. Ils ont ouvert le Comptoir de la Baie d’Hudson. Ils nous ont fourni des maisons de bois, toutes faites, qui ne fondent pas. Pour nous, c’est devenu plus facile. On pouvait se procurer toute sorte de choses en échange de quelques peaux. Alors on a cessé de se déplacer à l’intérieur du territoire. Puis ils ont imposé leurs lois. Des familles ont été relocalisées plus au nord. Des policiers ont abattu nos chiens... (p.163)

On connaît la Paix des braves négociée par le gouvernement de Bernard Landry avec les Cris, signée le 2 février 2002. Cette entente ne concerne pas les Inuit qui ont été laissés pour contre. En dernier recours, ces peuplades prennent les grands moyens, chassent les Québécois de leur village pour marquer leur opposition au projet et être écoutés par les dirigeants de Québec. Les étrangers doivent tout laisser derrière eux et monter dans l’avion.

Sidérés, les otages échangent des regards inquiets. Malgré leur désir de comprendre, ils gardent le silence. Leurs ravisseurs d’aujourd’hui sont tous des amis ou des voisins d’hier. Ils savent qu’ils n’ont pas affaire à des êtres violents. Mais ce matin, manifestement, les liens sont rompus. Les qallunaat se résignent à patienter, tant bien que mal. Certains se dévêtent et s’installent sur des chaises ou des matelas mis à leur disposition. Lentement, les autres les imitent, et la tension s’estompe dans la grande pièce surchauffée. (p.213)

Piari met ses pas dans ceux de son père, découvre sa place auprès de Lisi. Il rompt avec Anna, celle qui l’attend, qui espère encore venir le rejoindre. Peu à peu, Pierre s’efface et Piari peut respirer.
Bien sûr, on commence à prendre conscience des ravages de l’alcool et des drogues, de l’exploitation des Blancs qui assujettissent ce peuple de toutes les manières imaginables, des milieux de vie détruits, des projets qui ne tiennent jamais compte des rythmes des saisons et des premiers occupants. Marie-Pier Poulin montre très bien la dureté de la nature, sa beauté aussi, les changements brusques et le blizzard dans cette toundra fascinante, la neige dans un territoire vaste comme le monde. Un espace de paix, qui permet aux humains qui y habitent d’apprivoiser la solitude, une forme de spiritualité ou de sagesse.
Une voix particulière que celle de Marie-Pier Poulin qui décrit les revendications des Inuit qui n’en peuvent plus de subir la loi du Sud, une révolte dont on trop peu parlée. Des personnages fascinants, un texte émouvant qui fait encore une fois mieux voir ce pays du Nord, les contacts si mal vécus entre les Blancs et ces populations nomades que l’on a sédentarisées de force. Une découverte que ce premier roman de Marie-Pier Poulin, une voix qui touche et s’impose.


POULIN MARIE-PIER, DÉBÂCLES, Éditions SÉMAPHORE, 2019, 224 pages, 26,95 $.